logo.png Ces actions menées dans les villages de Koumlèla et de Kouzoughin, sont fondées sur le principe d’amener les jeunes et les adultes de ces villages à acquérir des connaissances utiles et utilisables dans les domaines de la production agropastorale et de l’environnement.

A cet effet, une initiation à l’élevage intensif de moutons, de chèvres, de poules a été dans un premier temps mis en œuvre .Notons que dans les villages ci-dessus indiqués, comme d’ailleurs dans presque toutes les localités du sahel, l’élevage reste extensif (les animaux ne bénéficient pas de soins particuliers).

Cela explique le fort taux de déperdition du bétail causé par les parasitoses (intestinales surtout), la mauvaise alimentation et le manque d’habitat adéquat. Il est donc important de transformer les modes de production pastorale en amenant les jeunes, mais aussi les adultes à changer de comportement malgré les difficultés qui les confinent à des habitudes qui les maintiennent inexorablement dans la pauvreté.

L’action, essentiellement pédagogique de l’ASSODEC a consisté à organiser de multiples séances de causeries et de démonstrations avec le soutien technique du responsable départemental de l’élevage.Il s’agissait surtout de faire prendre conscience du faible rendement de l’élevage extensif et de présenter des solutions pratiques qui peuvent être mises en œuvre dans les deux villages.

C’est aussi une opportunité d’apprentissage de la solidarité agissante entre les enfants (les bénéficiaires des animaux se sont engagés à donner les petits de ces animaux à leurs frères).

En vue de permettre aux enfants de mettre en pratique ce qu’ils ont appris, cent cinquante trois (153) d’entre eux (élèves et enfants non scolarisés) ont reçu des animaux. Leurs parents, ayant été associés à partir de la phase décisive de l’opération, ont décidé de s’investir dans le déparasitage et la vaccination des animaux.

En ce qui concerne l’alimentation des bêtes il a été convenu avec les parents et les enfants de la production de plantes fourragères.

L’arachide et le niébé ont été retenus comme espèces à cultiver en raison de l’avantage que présentent ces plantes. En effet, l’arachide et le niébé produisent des graines largement consommées dans le milieu familial et leurs feuilles sont prisées par le bétail. La production agricole est supervisée par un agent du service départemental de l’agriculture qui a procédé aux démonstrations techniques nécessaires pour expliquer aux enfants et aux parents (de même qu’à deux groupes de jeunes citadins) français et burkinabè, comment il est possible de réussir la production agricole dans un contexte où les sols et le climat sont plutôt défavorables.

Ces jeunes se sont investis dans les activités agraires (semence, sarclage).Au stade actuel, chaque enfant concerné par l’élevage dispose d’un champ d’arachide et les mères éducatrices se sont constituées en groupement de culture pour entretenir un champ d’arachide d’un hectare à leur propre compte sur le terrain du CERFOR.

Pour soutenir l’effort de la population, donner l’exemple par la valorisation des activités agricoles (car l’école actuelle donne une image négative du travail manuel productif) l’ASSODEC a réalisé un champ de plus de six hectares d’arachide et de niébé. Tous les champs présentent aujourd’hui beaucoup d’espoir pour la population, qui souhaite vivement que la pluie tombe régulièrement jusqu’au mois d’octobre…. !

En plus de la production agropastorale, l’ASSODEC a introduit, au bénéfice des enfants et de la population des actions d’éducation environnementale.

Avec le responsable départementale de l’environnement, une stratégie d’éducation environnementale a été dégagée .Elle se fonde sur une responsabilisation de chaque enfant et de ses parents pour la plantation, mais surtout l’entretien d’arbres fruitiers. Une cérémonie solennelle de remise de manguiers à chaque enfant a été organisée le 29 août 2008 en présence des responsables du Ministère de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation.

En lieu et place d’un reboisement qui vise la quantité d’arbres plantés l’ASSODEC a retenu une démarche qui vise à amener chaque enfant et sa famille à réussir au moins l’entretien d’un arbre ; cela, pour prendre en compte le manque d’eau dès le mois de janvier et la divagation des animaux.

Au total 153 pieds de manguiers ont été remis aux enfants et 1500 pieds de Jatropha ont été plantés pour délimiter le domaine du CERFOR.

En définitive les actions d’éducation au développement initiées par l’ASSODEC se fondent sur une adhésion réelle des populations avec l’objectif de faire en sorte que les enfants et leurs parents s’engagent ensemble pour les changements de comportement.

La famille et l‘école poursuivent de ce fait le même objectif d’apprendre aux enfants des connaissances pratiques qui leurs sont immédiatement nécessaires pour faire face aux défis actuels de la production agropastorale.

Signalons que le soutien de l’ADEB et de la Ligue de l’Enseignement a été déterminant dans la réalisation de ces activités qui ont été, notons le, appuyées par les autorités du Ministère de l’enseignement de Base et du département de Tanghin Dassouri. Les techniciens de l’agriculture, de l’élevage, de l’environnement du département ont été en outre aussi constamment présents aux côtés de l’ASSODEC.

Le Coordonnateur, tous les militants de l’ASSODEC témoignent à tous leur reconnaissance et souhaitent que le partenariat ainsi engagé trace la voie effective du développement socioéconomique des populations du Burkina Faso par l’exemplarité des innovations mises en œuvre au sein du CERFOR.

ZIBA Tiassay - ASSODEC